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Il est bien difficile de choisir son eau. Ce qui est sûr et cela vaut pour bien des aspects de la nutrition, le changement est toujours bénéfique.
Alors changez d’eau régulièrement, c’est changer d’air !
Contre l’eau du robinet
En naturopathie, on déconseille généralement l’eau du robinet comme source quotidienne d’eau. On préfère, de loin, une eau de source ou encore une eau du robinet traitée par un dispositif de filtration maison. C’est ce que recommande notamment Dr Andrew Weil1, médecin et naturopathe américain.
D’après lui, le corps est sensible au chlore et au plomb présents dans l’eau, même s’ils y sont en d’infimes quantités. Son inquiétude concerne surtout les personnes plus sensibles aux contaminants, comme les bébés, les jeunes enfants et les femmes enceintes. Céline Arsenault, infirmière et naturopathe québécoise, va dans le même sens. « Nous constatons facilement que les eaux dites potables, mais qui sont chlorées et fluorées, modifient insidieusement notre équilibre interne. Cette modification de notre terrain biologique nous prédisposera à développer certains problèmes de santé et à être plus vulnérables à certains virus ou mycoses », affirme-t-elle dans l’un de ses ouvrages2.
L’eau du robinet est-elle de qualité ?
Les experts en santé publique et les naturopathes répondent en tenant compte de facteurs différents. En santé publique, outre le goût, l’odeur et l’apparence de l’eau, deux valeurs prédominent : la qualité au point de vue microbiologique et la présence de substances indésirables qui respecte les normes de sécurité. « En naturopathie, on pense qu’il existe d’autres mesures de la qualité de l’eau », précise Danielle Ruelens, naturopathe.
Méfiance à l’endroit des minéraux
Bien entendu, les naturopathes reconnaissent l’importance d’une eau bactériologiquement saine, mais ils souhaitent aussi une eau qui ne contienne pas trop de minéraux, dont les principaux sont le calcium, le sodium, le magnésium et le potassium. « La tendance est de recommander aux gens de boire davantage d’eau. On ne veut pas, par la même occasion, imposer un travail de filtration supplémentaire aux reins », explique Danielle Ruelens.
Habituellement, pour la consommation quotidienne, les naturopathes préconisent une eau contenant au total un maximum de 100 parties par million (ppm) de minéraux3. À titre comparatif, une eau minérale Perrier en contient environ 475 ppm. À l’intérieur de cette échelle, la concentration en minéraux se rapprocherait de celle du corps, donc ne le surchargerait pas. Certaines eaux de source possèdent cette caractéristique. On peut aussi obtenir cette teneur en minéraux en traitant l’eau du robinet par osmose inversée : cela donne une eau autour de 5 ppm. Les filtres au charbon sont une autre solution, mais la teneur totale en minéraux de l’eau filtrée dépendra des caractéristiques initiales de l’eau du robinet.
Les minéraux de l’eau ne sont pas assimilés par
l’organisme.
Contrairement à ceux des aliments, soutient Danielle Ruelens. Ainsi, si les eaux fortes en minéraux possèdent des vertus thérapeutiques et peuvent convenir à des cures thermales de courtes périodes (sous la supervision d’un professionnel de la santé), elles ne seraient pas appropriées comme source d’eau quotidienne, car elles fatigueraient les reins4. En naturopathie, l’eau est considérée comme un élément purificateur important. Et pour purifier, l’eau ne doit pas être trop chargée en minéraux et autres substances.
L’eau distillée
Surtout utilisée en laboratoire, l’eau distillée sert de base à la préparation des remèdes homéopathiques et d’autres remèdes à caractère vibratoire. On l’obtient en récoltant la vapeur d’eau (l’eau condensée) après l’ébullition.
En ce qui concerne l’eau distillée, une eau complètement déminéralisée, les avis sont partagés. Certains la déconseillent aux personnes en santé parce qu’elle pourrait déminéraliser le corps, mais l’utilisent dans le cadre de cures (en cas de problème rénal ou d’arthrite, par exemple)3. D’autres estiment cependant que boire une eau déminéralisée ne pose pas de problème puisque nous puisons les minéraux dans notre alimentation1.
À noter qu’au Québec, la teneur en minéraux de l’eau du robinet suit les normes municipales et varie beaucoup d’une région à l’autre. Les autorités considèrent que les minéraux ont une grande influence sur le goût de l’eau (eau salée, ferreuse, métallique, etc.), mais pas sur la santé, nous dit Denis Gauvin, conseiller scientifique auprès de l’Institut de Santé publique du Québec.
La vitalité, une autre qualité de l’eau
Certains naturopathes et médecins, surtout européens, se réfèrent à la bioélectronique de Vincent pour déterminer la qualité d’une eau et même l’état de santé d’un individu2. Cette méthode d’analyse des solutions aqueuses a été créée en 1948 par un ingénieur français, Louis-Claude Vincent. À la base de ce concept, se trouve l’idée que la santé dépend des échanges d’énergie dans le corps. Ce mouvement énergétique reposerait en grande partie sur l’eau que l’on boit. L’eau serait donc « véhicule de vie ». Pour transmettre cette vitalité, elle doit posséder une certaine valeur énergétique (être en mouvement) ainsi que des qualités physico-chimiques. L’eau qui correspond à ces propriétés contiendrait peu de minéraux et le moins possible de produits chimiques. L’intérêt et les applications de cette méthode sont, pour le moment, difficilement évaluables vu le peu de données à son sujet.
La qualité physicochimique d’une solution aqueuse dépend donc de trois caractéristiques. Ces dernières varient en fonction du contenu de l’eau.
Le degré d’acidité ou pH : acide (pH<7), neutre (pH=7) ou alcaline (pH>7).
Le potentiel d’oxydoréduction (rH2), qui renseigne sur les facultés réductrices ou oxydantes de la solution : réductrice (rH2<28), neutre (rH2=28) ou oxydante (rH2>28).
La résistivité (rô), qui renseigne sur les propriétés conductrices ou isolantes de l’eau et dépend de la quantité d’électrolytes dans l’eau (mesurée en ohms).
D’après la bioélectronique de Vincent, une eau bonne pour la santé devrait être légèrement acide (un pH de 6 à 7), avoir un potentiel réducteur (un rH2 de 25 à 28) et une résistivité élevée (>6000 ohms)5. Le traitement de l’eau au chlore la rendrait plutôt alcaline et oxydante, donc compromettrait sa qualité2,5. Le degré d’acidité de l’eau du robinet des réseaux publics doit respecter les normes établies par l’OMS et les gouvernements7. Il doit se maintenir entre 6,5 et 8,56,7 - une eau plus acide entraînerait la corrosion du système de distribution d’eau, tandis qu’une eau plus alcaline réduirait l’effet désinfectant du chlore. Il est possible de faire tester son eau domestique selon la bioélectronique de Vincent.
Pour revitaliser l’eau du robinet
L’eau du robinet est considérée comme « morte », vide d’énergie vitale, en raison de son contenu en polluants chimiques et de sa stagnation. Pour la redynamiser, voici ce que propose l’une de nos sources en naturopathie4 :
D’abord, la filtrer pour obtenir une eau la plus pure possible.
Ensuite, laisser l’eau sous les rayons du soleil durant toute une matinée, dans une bouteille de verre, ou encore y ajouter du jus de citron (certains recommandent le jus d’un demi-citron par 18 litres d’eau).
Enfin, l’agiter énergiquement avant de la consommer. On peut aussi faire passer l’eau dans un générateur de tourbillons ou utiliser d’autres types de vitalisateurs. Vous pouvez vous informer auprès d’un naturopathe.
Une question de valeurs ?
Hélène Baribeau, nutritionniste, croit que le choix d’une eau repose davantage sur les valeurs et la philosophie de vie que sur des bases scientifiques. Un avis partagé par une experte en nutrition de l’Université Harvard8 et par Robert Tardif de l’Université de Montréal. « Ne pas boire l’eau du robinet est davantage un choix personnel, croit-il. Une façon, en quelque sorte, d’interpréter le risque qui peut exister, mais on doit être conscient que ce risque est extrêmement faible. »
On sait tous que dans les pays développés, l’eau du robinet est potable, c’est-à-dire qu’elle n’est pas dangereuse pour la santé, estime Hélène Baribeau. Mais tout comme certaines personnes privilégient les fruits et légumes biologiques, d’autres préfèrent consommer une eau de source ou une eau filtrée, par mesure de précaution. « Peut-être que les produits chimiques contenus dans l’eau du robinet créent un léger débalancement et de petits symptômes, mais peut-être aussi que nous avons un super système qui permet de neutraliser tout cela. La priorité est de boire suffisamment d’eau. Et l’eau du robinet reste une source peu coûteuse et accessible à tous », soutient Mme Baribeau.
Le seul fait de boire une eau de source ou une eau filtrée n’amènera pas nécessairement une amélioration visible de la santé, estime, quant à elle, Mme Ruelens. En naturopathie, le choix d’une eau la plus pure possible fait souvent partie d’un régime de désintoxication pour rééquilibrer le corps en cas de maladie. Une mesure à laquelle s’ajouteront une saine alimentation et d’autres moyens adaptés à chacun. « Boire une eau de qualité fait partie de tout un ensemble dans une approche holistique de la santé », conclut-elle.
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