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..:: Marie-Antoinette de Sofia Coppola  
Auteur : Vanina DENIZOT


Plus que jamais cette année, le Festival de Cannes nous convie à une valse sans fin de films attendus, et de réalisateurs amplement sollicités : Le Da Vinci code de Ron Howard ouvre le bal, rapidement suivi par Pedro Almodovar et son Volver inespéré ; puis c’est au tour du très applaudi Caïman de Nanni Moretti. Enfin, la très gracieuse Marie-Antoinette de Sofia Coppola, achève de provoquer les émois d’un festival hors compétition.

Une reine hollywoodienne

La première image du film, éblouit notre rétine, telle une vision subliminale. On y entrevoit, avec rapidité et fulgurance, une demoiselle alanguie tout de rose-bonbon-acidulé vêtue. Mutine et enfantine, elle semble s’apercevoir d’une présence et dirige son regard vers la caméra, puis le soutient fixement, enjôleuse. Il se trouve que cette jeune femme est reine. Et que cette reine est Marie-Antoinette, et plus encore : c’est la Marie-Antoinette incarnée par Kirsten Dunst, c’est la Marie-Antoinette inventée par Sofia Coppola.

Marie-Antoinette : un prétexte ?

La réalisatrice ne l’a jamais dissimulé, sa volonté était de livrer le portrait personnel d’un des personnages historiques les plus boudés de l’Histoire de France. Dès lors, les critiques semblent manifestement inévitables. Sofia Coppola s’approprie la réalité historique, la manipulant et la remaniant afin d’en faire son propre objet de désir, support de son imaginaire et de ses questions existentielles. Marie-Antoinette est avant tout décrite comme une petite fille déracinée de quatorze ans lorsqu’elle arrive à la Cour de Versailles. Elle est ensuite une adulte en devenir à l’âge de dix sept ans lorsqu’elle est sacrée Reine au côté de Louis XVI, impuissant notoire qui lui cause beaucoup de tracas !

Un Versailles pop et décadent

Aérienne et candide, la Marie-Antoinette-Dunst, doit s’affirmer en tant que femme pour s’épanouir en tant que reine, alors que le jeune roi manque à ses devoirs conjugaux. Pour oublier ses responsabilités qui la dépassent, la juvénile reine s’étourdit avec des costumes, des paires de chaussures et des perruques poudrées dignes d’une vraie fashion victime, s’enfièvre dans des bals aux sonorités pop, s’acclimate à un monde frivole et futile qui croule sous des pâtisseries débordantes de chantilly...

Un Festival mitigé et divisé

Le film s’achève sur le départ de Versailles d’une famille royale, enfin unie et responsable. De la fin macabre de la jeune femme enfin reine, on ne verra rien. Forte d’anachronismes en tout genre, la réalisatrice confirme sa démarche en laissant malicieusement traînée une paire de Converse délavée au milieu des fastueuses tenues de la jeune reine. Avant même d’avoir commencé, Sofia Coppola renonce à l’exercice périlleux, et même carrément cassse-geule, du film d’époque. Et s’en tire ainsi sous un tonnerre de huées et d’applaudissements. La réalisatrice, désormais trentenaire, jure en avoir fini avec les interrogations de jeunes filles éplorées à peine échappées de l’enfance : une reine est née. Vive la reine !



 

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